Séances de yoga, massages… De plus en plus d’entreprises organisent des ateliers destinés à diminuer le stress de leurs salariés… malgré des effets peu tangibles. A l’occasion de la semaine pour la qualité de vie au travail, on fait le point.

« On va stimuler les énergies et redynamiser le corps… » Aux ordres de Manuela, une dizaine de salariées s’initie à l’auto-massage. Vivement, elles pincent, massent, frottent ou tapotent cou, épaules, genoux, plexus… Objectif: oublier le boulot, se détendre! Les mains enduites d’huile sèche, elles laissent échapper quelques rires à moitié gênés lors de cette séance organisée sur leur lieu de travail, la mutuelle générale de la police. C’est la première fois que l’entreprise initie son personnel au « bien-être ». Pour ce faire, elle a fait appel à la jeune entreprise Altermassage qui s’est lancée en 2013 sur ce créneau.

Record battu

Depuis hier – début de la 13è semaine pour la qualité de vie au travail organisée par l’Anact (du 13 au 17 juin) -, ce genre d’événements se multiplient dans les entreprises. « On va battre un record jeudi prochain: on sera dans 30 entreprises différentes sur cette même journée », se félicite Kevin Buginne, directeur de Pass-Zen Services, qui propose moult prestations pour les salariés en quête de bien-être personnel: ateliers nutrition, yoga, méditation, sophrologie…

Le marché semble florissant. Les entreprises – notamment les plus grandes – recourent de plus en plus à ce genre d’ateliers en France. « Il y a quelque temps, on se moquait des Japonais qui faisaient leur gymnastique le matin et des Suédois faisant leurs étirements au travail », sourit Benoît Montet, directeur de Top Employeur. « Ces pratiques permettent de montrer aux salariés que l’entreprise leur accorde une attention particulière », explique de son côté Patrick Dumoulin, le directeur de l’institut Great Place to Work.

Pas d’effets durables

Tout le monde ne voit cependant pas cette tendance d’un bon oeil. La pratique des ateliers de bien-être s’apparente aux employee assistance programmes anglo-saxons, qui rendent le salarié seul responsable de sa bonne santé physique et mentale, dénonce Jacques Rondeleux, directeur général de Psya, un cabinet spécialisé dans les risques psychosociaux. « Les entreprises qui font ce type d’ateliers veulent fidéliser leurs salariés et valoriser leur marque employeur. Mais cela ne permet pas de faire remonter les problèmes, estime le spécialiste, membre de la fédération des intervenants en risques psychosociaux pour qui « le bien-être repose sur l’organisation du travail et est lié au collectif. »

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