Confinement. Le burn-out menace aussi le télétravail.

Graphiste en télétravail depuis sept ans, Margot a mis en place un emploi du temps strict pour éviter tout débordement. ©Ouest-France

Surmenage, impréparation, stress… Le confinement a contraint de nombreux Français à adopter le télétravail. Une pratique qui n’est pourtant pas sans risque sur la santé psychique.

Au début, je me demandais comment j’allais tenir. Ninon (prénom d’emprunt) est cadre dans la fonction publique. Comme beaucoup de fonctionnaires et salariés, elle a dû passer au télétravail, à marche forcée. Un confort pour certains, une gageure pour d’autres, synonyme de stress, frustration et surmenage. « Beaucoup de salariés nous demandent ce qu’ils peuvent faire, indique Marie-José Kotlicki, secrétaire générale de l’UGICT-CGT (Union générale des ingénieurs, cadres et techniciens). On tend vers un certain épuisement. »

Christophe Nguyen, psychologue du travail, confirme : « On a déjà eu à faire à des cas de burn-out et d’épuisement liés à cette nouvelle organisation du travail. »

« Un processus »
Le psychologue rappelle que le burn-out est « un processus » : « Il y a généralement un stress chronique, compensé par une résistance psychique. Le confinement est une goutte de trop dans un verre déjà rempli. » À la surcharge de travail, le confinement apporte son lot de désagréments : immixtion du travail dans l’espace intime, anxiété vis-à-vis du virus, incertitude sur la durée de la crise et sur-sollicitation numérique.

« Des salariés nous disent être envahis par les mails, et des téléconférences à la chaîne. Il n’y a pas d’aménagement du temps de travail », précise Marie-José Kotlicki. Ninon acquiesce : « Au début, je me suis retrouvée à faire le travail pour six autres personnes. » Quant aux mails : « On en est à 2 000 ou 3 000 depuis le début du confinement. »

Les entreprises et administrations étaient-elles prêtes ? « Non , indique Christian Mainguy, représentant de la Fédération des intervenants en risques psychosociaux. Beaucoup de choses ont été faites dans la précipitation. Même quand il y avait un accord d’entreprise pour le télétravail, cela ne concernait que quelques postes. »

« Une perte de contact avec le réel »
Une impréparation qui n’est pas sans conséquences. Nouvelle organisation, nouveaux outils, des projets qui s’arrêtent. Tout cela est aussi source de stress. Tout comme l’isolement dans lequel le confinement peut plonger certaines personnes. Christophe Nguyen alerte : « Avec l’absence de reconnaissance, on peut se demander pourquoi on travaille, si on est utile. Il peut y avoir une perte de contact avec le réel. »

Pour éviter ces écueils, les psychologues conseillent de retrouver une routine de travail, avec des plages horaires, des rituels journaliers, des pauses. Autant que possible, il est recommandé d’aménager un espace, au calme et ergonomique.

Les psychologues préconisent également de recréer des moments de convivialité entre collègues. « La notion de collectif disparaît. Il ne faut pas hésiter à rester en contact », explique Patrick Légeron, psychiatre et fondateur du cabinet Stimulus.

Source : Article de Thomas MOYSAN, Ouest-France, paru le 16/04/2020, sur le site Redon.maville.com

 

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