« Il est normal de se sentir triste, stressé, désorienté, en colère ou effrayé lors d’une crise telle que celle liée au Coronavirus. Un certain nombre d’attitudes et mesures individuelles peuvent vous permettre de limiter les gênes les plus importantes, et elles sont détaillées ci-après…».

Comment gérer l’inquiétude pendant le confinement ?

Il est normal de se sentir triste, stressé, désorienté, en colère ou effrayé lors d’une crise telle que celle liée au Coronavirus.
Un certain nombre d’attitudes et mesures individuelles peuvent vous permettre de limiter les gênes les plus importantes, et elles sont détaillées ci-après.
Cependant, si vous percevez des signes de perturbation psychologique persistants ou intenses qui vous empêchent de réaliser votre activité minimale quotidienne, domestique ou professionnelle, il est recommandé de prendre contact avec un professionnel de la santé et éventuellement un spécialiste de la santé psychologique. Enfin, quoi qu’il arrive, la priorité demeure au respect des consignes sanitaires du gouvernement français concernant cette crise.

1. Développer et renforcer votre réseau de soutien social
• N’hésitez pas à partager ce que vous ressentez avec les autres, y compris le négatif,
• Echangez également concernant vos ressources et les aspects favorables de votre vie, de celle de vos amis, familles et proches,
• Soyez aidant vis-à-vis des autres, cela est également positif pour vous-même,
• En cas d’isolement, utilisez le soutien psychologique avec une écoute externe (dispositif de votre entreprise, ou autre numéro dédié).

2. Gérez votre exposition aux médias
• Privilégiez les sources officielles d’information, notamment : https://www.gouvernement.fr/info-coronavirus
• Modérez l’information d’actualité : une à deux éditions de journaux télévisés par jour devraient suffire. Evitez l’exposition en continu aux chaînes d’information.
• Utilisez les réseaux sociaux uniquement pour maintenir le contact avec vos proches, ou vous divertir ; ne les utilisez pas pour vous informer. Vérifiez-les informations reçues auprès des sources officielles.

3. Appliquez des mesures d’hygiène du stress
• Prévoyez un emploi du temps pour vos journées, afin d’éviter d’être excessivement inactif et dans l’attente,
• Ayez une activité physique minimale, en respectant les consignes sanitaires,
• Privilégier les repas à heure régulière, et équilibrés, évitez le grignotage,
• Limitez votre temps d’écran journalier : télévision, ordinateur, smartphone,
• Privilégiez des activités plaisantes ou satisfaisantes concrètes : rangement, petit bricolage, hobbys, jeux de sociétés en famille, pour réguler la rumination mentale,
• Utilisez des pratiques et techniques reconnues de gestion du stress : relaxation, méditation, yoga, techniques respiratoires, par exemple.

4. Aidez vos enfants et adolescents à gérer le stress
• Prenez du temps pour parler de l’épidémie de Covid-19 avec eux, et répondre à leurs questions de manière factuelle et compréhensible,
• Rassurez-les sur le fait qu’ils sont en sécurité,
• Dites-leur qu’il est normal de se sentir perturbé par la situation,
• Partagez avec eux vos stratégies pour faire face au stress,
• Mettez-en place et maintenez des routines : horaires, activités scolaires à la maison, loisirs et jeux, tâches partagées,
• Maintenez les contacts à distance avec les amis et les membres de la famille.

5. Gérez votre télétravail (si vous êtes concerné)
• Fixez-vous à l’avance des limites horaires, et indiquez-le à vos collaborateurs,
• Entretenez des rituels et habitudes marquant le début et la fin du travail,
• Préparez la liste des tâches à faire, faîtes un tri dans vos priorités,
• Tentez d’avoir un espace réservé au travail, même minimal et symbolique,
• Indiquez à votre entourage les périodes/heures qui sont dédiées au travail, et prévoyez des moments d’interaction avec eux,
• Faîtes impérativement des pauses programmées,
• Surveillez l’usage des courriels et messagerie, ne compensez pas exagérément la distance par la communication virtuelle,
• Maintenez quelques échanges informels avec vos collègues,
• Acceptez également de ne pas être à l’optimum de vos possibilités, et indiquez vos difficultés à votre encadrement,

6. Donner un sens et une perspective aux événements
Une période de crise peut être considérée comme une occasion de se recentrer sur vos valeurs primordiales et vers des perspectives qui dépassent cette situation. Certaines questions peuvent vous aider :

• Quelles sont les valeurs importantes pour vous à développer dans cette situation de crise ?
• Quelles sont vos qualités, forces et expériences pour faire face à cette situation ? Qu’avez déjà appris ou gagné à l’occasion de cette crise ?
• Après cette crise, que changerez-vous peut-être dans votre vie ? Quel projet avez-vous, et que vous engagerez, une fois cette crise terminée ?

En particulier, si vous le pouvez, tentez d’envisager la crise comme un moment, transitoire, dans lequel vous n’êtes pas seul(e), dans lequel vos actions pour vous-mêmes et les autres participent à l’issue la plus favorable possible.

 

©Vincent CAUX, Psychologue clinicien de l’IAPR – Institut d’Accompagnement psychologique et de Ressources — IAPR@iapFR