« La crise du COVID-19 met exergue le fait que les entreprises hexagonales sont encore insuffisamment équipées en dispositifs d’écoute et d’accompagnement psychologiques. Selon la dernière enquête Réhalto-Workplace réalisée en 2019 auprès d’un échantillon de plus de trois cents DRH, seul un quart d’entre eux déclaraient avoir mis un place un dispositif d’écoute téléphonique à distance et moins de huit pourcents envisageaient de le faire à terme. Cette pratique contraste fortement avec les pays anglosaxons, qui depuis des décennies ont systématisé la mise à disposition de plan d’assistance aux employés (PAE). »… Lire la suite ci-dessous.

Avec le #Coronavirus, les entreprises prennent conscience du besoin d’une écoute
et du soutien psychologique pour les salariés.

La crise du COVID-19 met exergue le fait que les entreprises hexagonales sont encore insuffisamment équipées en dispositifs d’écoute et d’accompagnement psychologiques. Selon la dernière enquête Réhalto-Workplace réalisée en 2019 auprès d’un échantillon de plus de trois cents DRH, seul un quart d’entre eux déclaraient avoir mis un place un dispositif d’écoute téléphonique à distance et moins de huit pourcents envisageaient de le faire à terme. Cette pratique contraste fortement avec les pays anglosaxons, qui depuis des décennies ont systématisé la mise à disposition de plan d’assistance aux employés (PAE).

Les entreprises hexagonales, quand elles l’ont mis en place, sont encore frileuses sur la promotion de ces dispositifs, alors que l’expérience montre que les taux d’utilisation sont fortement corrélés à la communication qui en est faite. La posture reste encore dans le déni sur la prévalence des problématiques mentales auxquelles sont confrontés les salariés, avec encore trop souvent des commentaires du type « si les gens n’appellent pas, c’est signe qu’il n’y a pas de problèmes ».

Alors que les taux d’utilisation oscillent entre cinq à dix pourcents, voire plus dans certains cas aux Etats Unis, au Canada et au Royaume Unis, en France les taux d’utilisation restent faibles, de l’ordre de quelques pourcents.

Dans le contexte de crise liée au Coronavirus, les entreprises prennent conscience et reconnaissent implicitement le besoin pour leurs salariés d’une écoute et du soutien psychologique et nous sollicitent en urgence et dans la précipitation pour mettre en place des hotlines, à l’instar de ce qui s’est passé lors des attentats terroristes de 2015 et 2016. Cela met cruellement en évidence le manque d’anticipation et de prévention des risques humains et sociaux. Les entreprises qui se sont déjà équipées de ce type de dispositifs ont pu quant à elles réagir immédiatement, en rappelant l’existence du dispositif, dans les heures qui suivent la survenance d’un évènement.

Lorsque les mesures de confinement ont été annoncées, les entreprises se sont organisées souvent dans la précipitation. Des salariés se sont retrouvés au télétravail dans un cadre qui n’a souvent pas été défini, d’autres se sont retrouvés au chômage technique, d’autres ont été appelés à continuer à se rendre sur le lieu de travail dans le cadre d’activités « essentielles ». On n’en a pas fini de découvrir les conséquences de la généralisation du confinement, voire de l’arrêts de l’activité. Les salariés sont confrontés à de multiples situations nécessitant de l’écoute et du soutien. Le confinement est en effet une épreuve psychique à ne pas sous-estimer. Les personnes sont exposées à de multiples sources de difficultés liées aux conséquences du confinement :
• Le vécu de solitude, d’isolement social
• La peur et l’anxiété, par exemple celle d’être contaminée, ou qu’un proche soit contaminé
• Les phobies
• Des angoisses et insomnies
• Des comportements compulsifs, les addictions
• Le sentiment de culpabilité, d’être moins exposé que certains collègues
• Le sentiment d’injustice, d’être plus exposé que ses collègues
• Les impacts sur la vie familiale et conjugales….

Le retour d’expérience des chinois ayant vécu les premiers la crise du Coronavirus est à cet égard très instructif. La période du confinement s’est traduite par une explosion du nombre de divorces, mais aussi hélas par une recrudescence des violence conjugales. Certaines populations se sont avérées plus exposées, les femmes, les seniors mais aussi la génération des dix-huit trente ans, très connectée aux réseaux sociaux et les personnes menacées de perdre leur emploi.

La crise du Coronavirus comporte intrinsèquement une dimension traumatique individuelle et collective – le mot guerre a été invoqué – Elle va laisser des stigmates dans l’inconscient collectif.

Les dispositifs de soutien et d’accompagnement doivent devenir des incontournables dans la politique de Santé et Qualité de Vie au travail. Le déploiement et la promotion des dispositifs doivent donc être pensés dans une perspective durable.

 

©Christian MAINGUY, Administrateur de la FIRPS — Société Rehalto-Workplace@lemainguy