10 02 2017

10/02/2017 – Un manifeste pour faire de la santé au travail un thème de la campagne présidentielle

Un manifeste pour faire de la santé au travail un thème de la campagne présidentielle

 

La fédération des intervenants en risques psychosociaux a envoyé le 10 février un manifeste aux candidats à la présidentielle pour qu’ils s’emparent du sujet.

Faire émerger dans la campagne le débat sur le bien-être au travail. C’est le but des cabinets de prévention du stress professionnel qui interpellent les candidats, dans un manifeste transmis le 10 février. Celui du Parti socialiste, Benoît Hamon, a bien tenté de faire entrer le burn-out comme thème de campagne, après l’échec de sa proposition de loi présentée le 17 février 2016 à l’Assemblée nationale pour faire reconnaître l’épuisement professionnel comme maladie professionnelle (lire La difficile croisade de Benoît Hamon contre le burn-out).

Comment travailler mieux?

Il a également mis sur la table le débat autour d’un revenu universel. Mais selon François Cochet, président de la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps), qui regroupent les principaux cabinets en prévention du stress, cette question contourne celle de la qualité de vie au travail.

« Ceux qui souhaitent que l’on travaille plus, comme ceux qui anticipent une baisse du volume d’emploi se retrouvent en fait pour ignorer la question essentielle: comment travailler mieux ?« , estime-t-il. En l’occurrence, favoriser la créativité, l’entraide au travail et se concentrer sur ce qui est utile pour les clients ou usagers plutôt que le reporting. Et de regretter que « les salariés s’épuisent sur des tâches qui n’ont pas de sens au lieu d’imaginer de nouveaux projets« .
Evaluer les coûts de la « non-santé au travail »

« Plus de la moitié des personnes qui liquident leur retraite ne sont plus au travail mais au chômage ou en invalidité la veille de leur départ. On repousse l’âge de la retraite mais on ne fait rien pour que les seniors puissent continuer à travailler dans des conditions qui leur soient adaptées. C’est un gâchis considérable« , dénonce encore François Cochet.

Le manifeste expose six bonnes raisons de faire de la santé au travail « un enjeu national« . Afin de permettre d’améliorer la compétitivité des entreprises, l’efficacité des administrations et de mieux maîtriser les dépenses sociales en réduisant par effet ricochet les coûts liés aux maladies professionnelles, à l’absentéisme ou au burn-out. La Firs aimerait d’ailleurs que le futur Président créé un comité d’experts pour évaluer les coûts de la « non-santé au travail ». De quoi inciter à prévenir davantage les blessures du travail.

Rozenn Le Saint

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