« Les conditions matérielles d’une consommation excessive de produits psychoactifs licites et illicites (alcool, tabac, médicaments, cannabis, cocaïne…) et une augmentation des pratiques addictives comportementales (cyberdépendances et jeux, achats compulsifs, troubles du comportement alimentaire, addictions sexuelles…) sont en effet réunies dans un environnement privé nouvellement réquisitionné pour le travail par les employeurs… » Lire la suite ci-dessous.

Télétravail et confinement : un risque majeur de développement des pratiques addictives.

Les conditions matérielles d’une consommation excessive de produits psychoactifs licites et illicites (alcool, tabac, médicaments, cannabis, cocaïne…) et une augmentation des pratiques addictives comportementales (cyberdépendances et jeux, achats compulsifs, troubles du comportement alimentaire, addictions sexuelles…) sont en effet réunies dans un environnement privé nouvellement réquisitionné pour le travail par les employeurs. En effet les routines habituelles des salariés et des entreprises sont transformées. Le télétravail massif et dans la durée, couplés au confinement à domicile peuvent engendrer des sentiments d’isolement social et d’ennui qui sont malheureusement deux facteurs de risques extrêmement puissants de développement de pratiques addictives. Ces risques concernent à la fois les salariés ayant déjà une problématique addictive mais également tous les autres qui voient actuellement leurs habitudes professionnelles totalement bousculées dans un climat général d’incertitude. Une étude récente Elabe pour GAE Conseil (Novembre 2019) révèle que près d’un salarié sur deux considèrent comme fréquente les pratiques addictives au travail et que 70% sont en déficit d’informations sur la manière d’aborder le sujet avec un collaborateur. Il y a donc urgence pour les entreprises à imaginer une politique de prévention des pratiques addictives en tenant compte du contexte actuel de télétravail dans la durée.

Ces pratiques addictives en période de confinement risquent d’engendrer également d’autres risques en chaîne : des accidents de travail (pour rappel 15 à 20% des AT seraient liés à la prise de produits psychoactifs en temps normal), une augmentation / aggravation des troubles psychiques, des passages à l’acte sur soi ou sur autrui (tensions, agressions, harcèlement, passage à l’acte suicidaire etc.), des prises de risques par des salariés présentant des symptômes de manque liés à une accessibilité plus difficile à des produits stupéfiants. La gestion de la crise sanitaire actuelle met en exergue des enjeux de santé-sécurité forts et inédits à l’échelle du pays pour les employeurs et directions des ressources humaines. La gravité de l’urgence de la crise sanitaire ne dispense ni l’employeur, ni le salarié de respecter le cadre réglementaire du télétravail en matière de prévention des risques et des pratiques addictives. En effet, La pandémie actuelle n’exonère pas les entreprises et les salariés de leurs responsabilités civiles et pénales en matière de protection de la santé physique et mentale.

 

©Alexis PESCHARD, Administrateur de la FIRPS — Cabinet GAE Conseil@GAEConseil