24 02 2022

Le burn out à l’ère du Covid-19 : les femmes sont-elle plus exposées ?

Article publié le 24/02/22

Interview de Brigitte Vaudolon, administratrice de la FIRPS

Complexe à mesurer, l’épuisement professionnel ou burn out est un phénomène massif et en croissance. En temps normal, et surtout depuis la pandémie de coronavirus, les femmes semblent être plus exposées à certains facteurs de risque. On fait le point avec trois expertes.

Hardi qui prétendrait savoir combien de femmes sont en burn out, dit syndrome d’épuisement professionnel en français… « La prévalence du burn out est généralement plus élevée dans les données autodéclarées et elle est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes », soulignait en 2018 le rapport européen Burnout in the workplace (Eurofound). Il prévient que dans l’ensemble, « les données sont difficiles à comparer, car elles reposent sur des définitions différentes ». Pour y voir plus clair, Informelles a interrogé la coach Fabienne Weil, les psychologues cliniciennes Nadia Butakova, pour Empreinte Humaine, et Brigitte Vaudolon, membre du conseil d’administration de la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps).

Les femmes cherchent de l’aide

En France, certains professionnels du burn out observent, à leur échelle (sans prétention statistique), que les femmes sont plus nombreuses que les hommes à frapper à leur porte. « Une part de cet écart pourrait peut-être s’expliquer par une plus grande capacité des femmes à exprimer leurs difficultés et à demander de l’aide », pointe Brigitte Vaudolon, membre du conseil d’administration de la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps). « Cela ne veut pas dire que les hommes n’ont pas de problèmes ! »

Monoparentalité, charge mentale, fatigue empathique…

Certains facteurs de risque sont inégalement répartis entre femmes et hommes… « Par exemple, les femmes sont plus souvent en situation de famille monoparentale », poursuit Brigitte Vaudolon. « Quant aux femmes en couple, elles sont plus susceptibles de vivre des doubles journées, en s’occupant davantage de l’organisation domestique et des enfants. »

Dans l’imaginaire collectif, ici soutenu par plusieurs études, les femmes seraient en moyenne plus empathiques que les hommes. Quid de la potentielle fatigue émotionnelle accrue des femmes managers ? « Il faut bien sûr éviter les généralités », rappelle Brigitte Vaudolon, « mais on remarque en pratique que le management féminin a des caractéristiques différentes. Une femme manager aura souvent plus d’empathie que les managers hommes. Elle se souciera davantage des membres de son équipe, supportant ainsi une charge émotionnelle plus importante. »

« Il faut bien sûr éviter les généralités, mais on remarque en pratique que le management féminin a des caractéristiques différentes. Une femme manager aura souvent plus d’empathie que les managers hommes. Elle se souciera davantage des membres de son équipe, supportant ainsi une charge émotionnelle plus importante. » Brigitte Vaudolon, membre du conseil d’administration de la Fédération des intervenants en risques psychosociaux (Firps)

 

Par Cyrielle Chazal

 

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